Projet Sénégal

Cet été deux équipes partiront pour un nouveau projet au sein d'un centre d'accueil pour Talibés appelé " Pour une enfance au Sénégal" situé à Mbour. La structure accueille des enfants et des adolescents talibés de 3 à 18 ans présentant des carences affectives. Ces enfants ayant très peu l'occasion de jouer, ils peuvent avoir des répercussions sur leur développement psychomoteur. 

http://pouruneenfance-senegal.com/

 

 

 

Projet "CONTINUITE ET PARTAGE SUR UN CHEMIN COMMUN" 2018

 

 

 

 

 



 

TABLE DES MATIÈRES

 

 

 

I.               Psychomotricité Sans Frontières (P.S.F.)………………………...…….…...P°4

 

 

 

A.    Qu’est-ce que la psychomotricité ? …………………………………………………………P°4

 

 

 

B.    Les origines de l’association ………………………………………………………………...P°4

 

1.     Les objectifs de l’association ………………………………………………………………..P°4

 

2.     Les Actions……………………………………………………………………………………P°5

 

3.     Les formations………………………………………………………………………………..P°6

 

 

 

II.  Le Projet « » ……........……………………………………………..…………….…...P°7

 

 

 

A.    Le lieu d’action ………………………………………………………………………………P°7

 

1.     Le Sénégal…………………………………………………………………………………….P°7

 

2.     Mbour………………………………………………………………………………………....P°9

 

3.     Le centre………………………………………………………………………………………P°10

 

 

 

B.    Nos objectifs…………………………………………………………………………………..P°13

 

1.     Objectifs au sein du dispensaire…………………………………………………………….P°14

 

2.     Objectifs en lien avec notre formation et notre projet solidarité…………………………P°16

 

 

 

C.    Notre thème « jouer pour grandir ensemble »……………………………………………..P°17

 

 

 

D.    Les moyens et médiations utilisés…………………………………………………………...P°17

 

1.     Temps d’observation et d’évaluation…………………………………………………….....P°17

 

2.     Temps d’organisation et d’échange avec l’équipe de Pour une Enfance Sénégal.  ……...P°18

 

3.     Prises en charges et échanges………………………………………………………………..P°18

 

4.     Relais entre les équipes : observations, transmissions, ajustement……………………….P°19

 

5.     Bilan avec le dispensaire……………………………………………………………………..P°20

 

 

 

E.    Le matériel……………………………………………………………………………………P°20

 

 

 

III.          Logistique…………………………………………………....………..……………..P°21

 

A.    Calendrier…………………………………………………………………………………….P°21

 

B.    Budget…………………………………………………………………………………………P°21

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

I. Psychomotricité Sans Frontières (P.S.F.)

 

A. Qu’est-ce que la psychomotricité ?

 

La psychomotricité est un métier paramédical, auxiliaire de médecine, dont l’exercice est soumis à l’obtention d’un Diplôme d’Etat depuis 1974. Ce jeune métier reste encore peu connu du grand public et il est parfois inexistant dans certains pays. La thérapie psychomotrice s’étaye sur diverses théories, issues de multiples disciplines (anatomie, neurologie, psychologie, psychanalyse, et bien d’autres). Elle se propose de stimuler et de développer l’intégration des capacités toniques, sensitives, affectives et représentatives du sujet en vue de créer une harmonie entre le corps et l’esprit. L’objectif est d’amener l’individu vers un meilleur investissement corporel grâce à diverses médiations. La thérapie psychomotrice se présente comme un travail de lien entre le vécu corporel et le vécu psychique, et s’envisage dans une approche globale de l’individu. Elle s’adresse à tous types de personnes : nourrissons, enfants, adultes, personnes âgées, ayant des antécédents pathologiques ou non. En définitif, la psychomotricité est une discipline qui vise à construire, reconstruire ou consolider le lien entre le corps et le psychisme afin de permettre à l’individu de s’adapter harmonieusement à son environnement.

 

 

 

B.      Les origines de l’association

 

Psychomotricité Sans Frontières (PSF) est une association régie par la loi du 1er juillet 1901. Elle fut créée le 2 juin 2005 par deux étudiantes de l’Institut de Formation en Psychomotricité de la Pitié Salpêtrière (Université Paris VI, Pierre et Marie Curie).

 

  1. Les objectifs de l'association

 

-        Faire connaître la psychomotricité et promouvoir l’échange de pratiques psychomotrices entre les bénévoles et les professionnels du monde entier.

 

-        Favoriser l'éveil et stimuler et les individus accueillis dans les structures où nous réalisons nos missions.

 

-        Proposer des activités psychomotrices adaptées à ceux qui présenteraient d’éventuelles difficultés psychomotrices.

 

-        Apporter du matériel répondant aux besoins de la structure (matériel de psychomotricité, de puériculture, matériel médical, ...)

 

-        Enrichir l’expérience personnelle et professionnelle des bénévoles par la rencontre et les échanges entre les diverses cultures et pratiques professionnelles. L’association peut être le cadre de différents projets et de différentes missions.

 

Initialement, seul le partenariat avec l’Organisation Non Gouvernementale (ONG) Vivre Ensemble Madesahel avait été mis en place, à la pouponnière de Mbour au Sénégal. En 2013, un nouveau projet a vu le jour dans un centre pour enfants présentant des troubles du spectre autistique et des déficiences mentales à Ouagadougou au Burkina Faso, en partenariat avec l’Association Burkinabé d'Accompagnement Psychologique et d'aide à l'Enfance (ABAPE). La situation politique du Burkina Faso a empêché les équipes de partir il y a deux ans, mais le lien a été totalement renouer depuis l’été dernier.

 

            L’objectif principal de PSF lors des interventions dans une structure est d’échanger et de partager notre savoir avec le personnel travaillant sur place, afin de nous, bénévoles, puissions nous imprégner de leurs connaissances, mais aussi pour qu’il puisse continuer à utiliser ce que nous apportons, et que notre travail perdure. A la pouponnière, où nous allons tous les ans depuis 2007, le centre réutilise dorénavant efficacement nos pratiques et n’ont plus besoin que nous intervenions. Nous avons donc mis un point final à ce projet avec la fierté de l’avoir mené à terme. Nous avons alors mis en place un nouveau partenariat, avec l’association Pour Une Enfance au Sénégal qui dispose d’un centre à Mbour. Nous avons à cœur de consolider ce tout jeune projet né l’été dernier.

 

            Un autre objectif de PSF est de créer un lien entre les étudiants en psychomotricité et les professionnels des centres de différents pays. En plus des connaissances utiles à la prise en charge quotidienne des enfants, nous apprendrons de la culture locale et des relations que nous pourrons tisser avec les équipes sur place. En effet, la motivation des bénévoles de l'association n’est pas seulement l’échange pur de pratiques professionnelles mais également l’établissement d’un échange transculturel.

 

2. Les actions

 

Intégrer PSF signifie avant tout s’engager et s’investir pendant deux ans au sein de l’association. L’engagement passe par la réflexion autour des projets, il passe aussi et surtout par la participation aux nombreuses actions mises en place pour faire connaître l’association et récolter des fonds nécessaires à l’aboutissement des projets.

 

Au cours de l’année, de nombreuses actions sont réalisées. Régulièrement, des buffets sont proposés à nos promotions et autres personnes présentes sur nos lieux d’études, avec des plats sucrés et salés faits maison uniquement. Nous organisons également des soirées-concert agrémentées d’un jeu musical au bar Le Comptoir (13ème arrondissement de Paris) qui est notre partenaire solidaire pour la deuxième année consécutive. Lors de ces soirées, de nombreux groupes de musique nous prêtent bénévolement leurs voix créant ainsi une ambiance chaleureuse et conviviale autour de nos projets. Nous avons d’ores et déjà pu applaudir les Brass’Ta, Kissia San, Wenny Aim, The Last To Get Away, les sœurs jumelles Audrey&Rose, Komrad et Huma. D’autres artistes comme Skorp Drawings ont également pu agrémenter nos soirées avec du live painting par exemple.

 

L’année dernière, nous avons pu proposer une soirée spectacle avec l’humoriste Samia Orosemane sur le campus de Jussieu, soirée ouverte aux étudiants, professeurs, familles et amis. Cette année, pour mobiliser davantage les étudiants et leurs proches autour de nos projets, nous avons organisé un stage d’initiation à la danse africaine ainsi qu’une soirée sur le thème de l’Afrique. Le stage de danse mené par François et Christelle, deux étudiants de deuxième année de psychomotricité passionnés, a eu un franc succès et a permis à l’association de récolter des fonds supplémentaires. Lors de la soirée, deux groupes dont Huma qui enregistre prochainement son premier album studio ont joué pour notre cause qui touche beaucoup les membres du groupe. Sur les périodes de Noël (novembre/décembre) et de la Fête des Mères (deux semaines au mois de mai), nous tenons un stand de papiers cadeaux en partenariat avec le magasin Nature et Découvertes du centre commercial Les Quatre Temps, à la Défense. Ce stand est basé sur le don libre, il nous permet de récolter des fonds pour le projet tout en présentant l’association et la psychomotricité auprès du grand public. Nous avons également organisé plusieurs collectes de vêtements d’enfants, en particulier des vêtements d’été pour des garçons de 3 à 16 ans. Ces vêtements seront remis à Pour Une Enfance au Sénégal, centre pour enfants talibés où nous nous rendrons.

 

3. Les Formations :

 

En amont du voyage au centre de Talibés de M’Bour, tous les bénévoles de 2ème année partant cet été bénéficient de diverses formations réalisées par des professionnels et d’anciens membres de PSF. Cette année, les deux équipes participeront à la formation d’Initiation aux Premiers Secours de l’Enfant et du Nourrisson (IPSEN) proposée par la Croix-Rouge, à un échange autour des différences entre les cultures animées par Mr Makasso, puis un autre par Mr Grim sur un aspect anthropologique. A travers un approfondissement de la méthode Bullinger, une formation sur l’approche de l’autisme et des tout-petits sera proposée par Mr Meurin. Mme Jutard apportera également ses diverses connaissances sur l’autisme. Nous échangerons aussi avec Mme Da Costa, qui est psychomotricienne et professeur d’expressivité du corps, autour de la thématique du groupe, ainsi qu’avec Mr Constant, sur la précarité au Sénégal. L’objectif de ces formations et échanges est de préparer au mieux les équipes aux différences de culture, de croyances et de coutumes, ainsi que d’enrichir notre savoir, savoir-être et savoir-faire en lien direct avec notre formation. Ces formations viennent étayer notre réflexion concernant notre motivation à participer à un projet solidaire grâce à un groupe de parole avec les troisièmes années et de jeunes professionnels, anciens membres de PSF, sur des thèmes tels que la semaine de transition entre les deux équipes.

 

 

 

II – Le Projet «écrivons une nouvelle page »

 

      A.     Le lieu d’action

 

            1.     Le Sénégal

 

Administration

 

Nom officiel : République du Sénégal.

 

Régime politique : République démocratique semi-présidentielle.

 

Chef d'Etat : Macky Sall (depuis mars 2012).

 

Capitale : Dakar.

 

Géographie

 

Superficie : 196 712 km².

 

Fuseau horaire : UTC 0.

 

Langues

 

Langue officielle : Français.

 

Langue(s) courante(s) : Wolof (en majorité), Diola, Mandingue, Peul, Sérère et Soninké.

 

Histoire

 

Fête nationale : 4 avril (indépendance)

 

Hymne national : Le Lion Rouge

 

Démographie

 

Population : 14,355 millions d’habitants (2018).

 

Densité : 71,8 hab/km².

 

Croissance démographique : 2,53 % en 2013.

 

Santé et éducation

 

Espérance de vie : 66,7 ans en 2017.

 

Indice de fécondité : 4,36 enfants par femme

 

Taux de mortalité infantile : 50,3‰

 

Taux d’alphabétisation : 52 % en 2013.

 

Religions

 

Religions majoritaires : Islam (95 %), christianisme (4 %), animisme (1 %).

 

Économique

 

Monnaie : Franc CFA (XAF).

 

Salaire mensuel minimum garanti : le salaire de « première catégorie » est d'environ 47 700 XAF (72, 50 EUR) pour 173 heures 33 de travail par mois pour un salarié.

 

Salaire moyen : environ 82 EUR par mois en 2012.

 

      Taux de chômage : 32% en 2014, 13% en 2015.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

2.     M’Bour

 

           M’bour est une ville de l’ouest du Sénégal de 182 000 habitants, située sur la Petite-Côte à 85 km au sud de Dakar. La ville s'est développée autour d'une mine de titane. Outre l'extraction minière, les principales activités sont la pêche et le tourisme.

 

           M’bour est le second port du Sénégal, après Dakar. Il exporte principalement vers les pays limitrophes et l'Union européenne. C'est aussi un centre touristique important, apprécié pour ses plages de sable fin et la possibilité de pêcher au gros, ainsi que pour la Réserve écologique expérimentale de M’bour, un site protégé depuis 1987. Malheureusement, l’unique cas recensé d’Ebola a fait chuter l’attraction touristique et ainsi un apport financier pourtant important.

 

 

 

Certains domaines sont encore à développer, notamment celui de la scolarité. Pour le plus grand nombre, les revenus sont faibles et censés couvrir les dépenses de familles nombreuses. Lors des recensements de 1988, la ville comptait 76 751 habitants alors qu’en 2011, la population s’élevait à 605 346 personnes. Cette situation a de multiples incidences sur la qualité de vie de tous.

 

           Depuis 1974, Mbour est jumelée avec la ville portuaire française de Concarneau. La ville de Concarneau apporte une aide matérielle importante à la ville de Mbour, au niveau de l'éducation, de la santé, du sport et surtout de l'activité de la pêche. Sur le plan sanitaire, les structures de santé sont insuffisantes et encore inaccessibles pour un grand nombre de personnes démunies : l’accès aux soins et aux médicaments est souvent difficile. Dans certains villages et particulièrement durant la saison des pluies, les soins deviennent inaccessibles, notamment en ce qui concerne le suivi de grossesse.

 

3.     Le centre

 

           L'association PSF sera, pour ce projet, en partenariat avec l'association Pour Une Enfance Sénégal. Depuis 2012, cette association intervient à Mbour où elle dispose d’un centre d’accueil pour les enfants des rues, les enfants talibés. Ce sont des enfants qui sont confiés par leur parents à un maître coranique qui a pour rôle de les nourrir, les loger et de leur offrir une éducation religieuse. En échange de ces avantages les enfants doivent mendier pour lui dans la rue afin de ramener une somme d'argent suffisante.

 

           Les portes du centre sont donc grandes ouvertes et c'est d'eux-mêmes que les enfants décident de venir. Les bénévoles y dispensent des soins, distribuent des petits déjeuners, et offrent une structure d’accueil aux enfants pour qu’ils puissent se reposer et suivre des activités éducatives et ludiques. Ces actions sont menées avec l’aide de salariés locaux et de bénévoles venant de France et d’ailleurs.

 

 

 

 

 

Le centre dispose d'une infirmerie qui est ouverte tous les jours avec un infirmier présent pour dispenser des soins.

 

 

 

Côté formation, l’apprentissage est désormais dispensé par un instituteur qui peut donner des cours tous les jours au centre. Le programme d’alphabétisation des talibés est en marche et le centre accueille une trentaine d’élèves réguliers : calcul, conjugaison, grammaire, lecture… les enfants ont soif d’apprendre et les premiers devoirs sont concluants!

 

 

 

          

 

Un jardin pédagogique a également été mis en place là-bas, les enfants ont pu récolter des navets et les vendre au marché.

 

 

 

Grâce à l'association Espoir Pour Eux le centre s'est également doté d'une zone sanitaire composée de grandes douches collectives et d'un lavoir. Grâce à cette zone le centre est en mesure d'offrir une meilleure hygiène à tous les enfants.

 

 

 

 

 

Cette année un four traditionnel a été construit (avec le soutien de l'association France Santé Partage Limousin, d’une campagne de dons en ligne et au soutien de l’association Pour Une Enfance à l’origine du centre) afin de lancer l’activité de boulangerie traditionnelle. L'objectif va être de développer une forme d'apprentissage et de donner envie aux enfants d'apprendre. Le projet est ambitieux et prometteur, alliant santé (nutrition), éducation (apprentissage métier) et économie (vente au profit de l’association).

 

          

 

           Un projet de correspondance a également vu le jour en partenariat avec l'association Espoir Pour Eux. Dix talibés ont été sélectionnés et correspondent désormais avec des élèves d’un collège suisse.

 

Toutes les photos utilisées dans ce dossier appartiennent à l'association Pour Une Enfance Sénégal.

 

 

 

B. Nos objectifs

 

Nous arrivons cet été sur un tout nouveau projet pour psychomotricité sans frontières.

 

Nous nous sommes basés sur les échanges que nous avons pu avoir avec les membres de l’association « Pour une enfance Sénégal » et l’équipe de PSF de l’année passée qui initiait le projet au dispensaire.

 

Ces échanges ont donné lieu à un travail de réflexion autour des liens entre notre formation en psychomotricité et les possibilités pratiques au sein du dispensaire.

 

Notre démarche initiale sera basée sur l’observation du fonctionnement du centre suite au passage des équipes de l’année dernière, relever ce qui a perduré ou pas, et ce que nous pourrons leur apporter en complément, avec une visée d’intégration optimale au fil de la mission. En effet nous souhaitons appréhender au mieux les besoins du personnel du dispensaire et des enfants talibés et pour cela ajuster et adapter notre projet au fur et à mesure de notre mission dans un objectif global de vivre ensemble et de partage.

 

Ce projet solidaire s’inscrit dans une démarche d’apprentissage et de réflexion venant ajouter une pierre unique à la concrétisation de notre projet professionnel.

 

 

 

1. Objectifs au sein du dispensaire

 

●     Établir du lien et mettre en place des propositions avec les professionnels sur place.

 

Comme nous intervenons uniquement durant la période estivale, il va être important que notre travail s’articule autour de ce qui est déjà mis place au sein du dispensaire, et qu’il puisse être en cohésion avec le travail des professionnels présents sur l’année. Nous devrons nous placer dans une dynamique d’écoute, de compréhension et d’interaction afin que les propositions que nous ferons soient en adéquation avec le travail au dispensaire. Pour cela, nous nous appuyons beaucoup sur l’expérience de nos prédécesseurs ainsi que sur les retours de la coordinatrice du centre. Nous impliquerons les Tatas dans les propositions que nous réaliserons, veillant à leur présence et à un échange régulier avec elles. Ainsi, elles pourront faire perdurer ces activités dans le temps. Nous nous appuierons sur le porte-vues mis en place par nos équipes l’année dernière pour comprendre ce qui a perduré ou pas et développer nos actions. Les transmissions qui sont faites chaque semaine avec le directeur du centre nous permettront de toujours garder le lien avec les objectifs et valeurs du centre.

 

●        Redonner leur place d’enfant aux jeunes talibés

 

Certains enfants talibés sont confiés très jeunes au maître coranique, parfois dès l’âge de trois ans. Ces enfants peuvent être rapidement livrés à eux-mêmes et doivent mendier pour se nourrir. Nous aimerions donc leur permettre de retrouver leur âme d’enfant en leur proposant des choses ludiques, leur permettant d’explorer leur imaginaire, leur créativité et faire abstraction quelques instants les difficultés auxquelles ils sont confrontés.

 

●        Créer une cohésion de groupe

 

Comme dit précédemment, de nombreux enfants du dispensaire sont livrés à eux-mêmes. Le dispensaire leur permet de trouver un cadre, un lieu contenant pour eux. Ils rencontrent des enfants de leurs âges avec qui ils peuvent partager. Mais, ayant eu peu de contacts avec les jeunes du même âge, la relation avec les pairs peut s’avérer compliquée. Les codes sociaux peuvent être peu connus, par exemple les notions de proxémie. C’est donc un thème que nous souhaitons également aborder, en proposant des jeux de groupe par exemple, afin que cela reste ludique pour les enfants. Nous pourrons nous inspirer des “jeux de cours et jeux de rues”, adaptés à la culture sénégalaise. Nous pourrions également mettre en place des rituels en début et/ou fin de séance afin d’apporter un cadre à ces enfants, structurant le groupe. Les rituels permettent également d’inscrire chaque personne dans le groupe.

 

●        Travail autour de la précarité et de la sécurité affective

 

 Les enfants présents dans le dispensaire peuvent présenter des carences affectives importantes. Ils vivent seuls dans la rue, et ont quitté leurs familles très jeunes. Ainsi, ils ont dû se construire par eux-mêmes, sans pouvoir compter sur une figure parentale. Or, la relation qu’entretient un enfant avec sa famille et son environnement lui permet lorsqu’elle est suffisamment stable d’être sécurisé, s’ouvrir aux autres et pouvoir vivres de nouvelles expériences. Cette sécurité affective est apportée par de l’attention, une relation stable et soutenante. L’ensemble des activités que nous souhaitons mettre en place a pour but final d’aider les enfants à se construire et pouvoir construire leur vie en dehors du centre. C’est pourquoi nous voulons permettre aux jeunes de vivre des expériences leurs donnant des bases solides sur lesquelles s’appuyer. Grâce à ces bases, nous espérons leur apporter une contenance, et les outils pour qu’ils puissent trouver par eux-mêmes une sécurité affective malgré leur environnement peu étayant. Cette contenance sera apportée par des activités en groupe mais aussi et individuelles avec la mise en place d’une salle de sieste, par exemple. Il s’agira d’un espace calme et délimité visuellement qui fournira un cadre sécurisant dans lequel les enfants pourront lâcher prise et se recentrer sur leur état, être à l’écoute d’eux même pour ensuite pouvoir s’ouvrir aux autres dans les activités en groupe.

 

●   Autonomie et responsabilité

 

Les enfants du centre sont fraternels entre eux et ils seraient intéressant de leur permettre d’être plus autonome, les plus grand en particulier. Comme dit précédemment, ces enfants vivent seuls et ont quitté leur famille très jeune. Ayant des carences affectives, les enfants auront tendance à rechercher énormément l’attention de l’adulte car ils manquent de confiance en eux. Un travail de narcissisation est donc nécessaire : les enfants devront apprendre à être plus autonome en vue de leur grand nombre dans ce centre comparativement à l’effectif des accompagnant et ainsi pouvoir se soutenir entre eux. Nous voulons créer une cohésion de groupe, groupe dans lequel chacun aura une place individuelle. Nous pensons permettre aux plus âgés de se responsabiliser et ainsi de pouvoir prendre l’initiative d’aider les plus jeunes durant les activités collectives mais aussi être un soutien au cadre des activités.

 

 

 

●      Travail sur la graphomotricité

 

Les jeunes talibés bénéficient de cours d’alphabétisation où ils apprennent notamment à écrire. Cependant la mise en place de l’écrit demande de développer sa maîtrise tonique, sa posture, ses structures perceptives, sa motricité fine et ses représentations en amont.

 

Nous allons donc mettre en place des exercices ludiques favorisant la régulation tonique, la mobilisation des membres supérieurs et le déliement digital. Afin d’écrire correctement, les enfants doivent ajuster leur contraction musculaire pour ne pas percer la feuille ou au contraire lâcher le stylo. Pour travailler cet ajustement tonique nous pourrons mettre à profit ce que nous avons appris au cours de l’année, notamment en relaxation et adapter nos approches et outils thérapeutiques au développement psychomoteur des enfants, avec par exemple l’utilisation de différents pinceaux et supports pour peindre. Notre but étant de faciliter la tâche de l’écriture pour qu’ils puissent les maîtriser et se concentrer sur d’autres travaux en classe.

 

    ●    Travail sur l'espace et le temps

 

Suite au retour des équipes de l'année passée, il s'est avéré nécessaire d'effectuer un travail autour de la structuration spatio-temporelle, puisque les enfants avaient des difficultés à intégrer les notions d'équipes et du « chacun son tour ». Ainsi, afin d'éviter l'anarchie lors des jeux collectifs et dans tous les moments du quotidien, il sera important d'aménager un espace aux limites bien définies, afin que les enfants s'y sentent contenus et en sécurité, favorisant alors les expériences psycho-motrices. Il faudra également prendre en compte les réalités proxémiques afin que l'enfant puisse, selon ses envies et ses besoins, aller à la rencontre de l'autre ou s'en éloigner. Par ailleurs, il sera opportun de proposer aux enfants des moments dynamiques et d'autres plus calmes, car c'est dans l'alternance entre ces deux modalités temporelles que l'équilibre interne ainsi que l'intégration de la temporalité sont possibles. L'espace et le temps sont ainsi des organisateurs physique et psychique, dont l'aménagement entre dans le décret de compétences du psychomotricien. Il sera donc primordial que nous en tenions compte dans notre projet.  

 


2.     Objectifs en liens avec notre formation et notre projet de solidarité :

 

●      Enrichir notre réflexion sur la place et le rôle de la psychomotricité :

 

Dans un contexte culturel différent de celui de la France, il nous semble intéressant d’échanger et de porter notre attention sur des notions importantes de notre futur métier et plus largement : les relations interpersonnelles, le dialogue tonico-émotionnel, la vision du handicap, la place du corps… Pour cela, nos observations, nos discussions et questionnements au sein du dispensaire enrichiront notre réflexion. De plus, il semble important de pouvoir réfléchir à propos de la sémiologie des troubles rencontrés au sein du dispensaire (qui peut être différente de celle observée dans notre culture). Nous pourrons observer l’état des éventuelles carences affectives et leur prise en charge (distance thérapeutique, besoins, relation de soin…).

 

●       Développer notre observation et notre démarche de réflexion clinique

 

En rapport direct avec notre processus de formation, il s’agit de préciser nos qualités d’observation en lien avec les échanges et les observations des bénévoles sur place et la théorie reçue lors de notre enseignement. Des hypothèses pourront ainsi être formulées afin d’adapter notre intervention et celles des professionnels sur place aux besoins des enfants. De même, il s’agira de s’adapter au cadre donné (par les autres professionnels, les temps de classe, les différents horaires, la distance thérapeutique).

 

●       Travailler en équipe

 

Au sein de notre équipe, en aval, sur place et en amont de notre projet, il sera nécessaire de travailler ensemble vers un but commun. Dans le dispensaire, il s’agit de construire un projet en menant une action cohérente entre la structure, les enfants, les professionnels, les bénévoles et l'ensemble des membres de notre équipe. Les transmissions chaque semaine avec le directeur, les temps de partage avec les “tatas” et les autres bénévoles sont donc très importants.

 

●       S’adapter

 

L’adaptation peut être décrite comme une qualité nécessaire pour chaque humain dans son développement. En tant que futur psychomotricien, il est indispensable d’enrichir ses capacités d’adaptation. Pour la réussite de notre projet solidaire, cette notion sera largement sollicitée (fonctionnement, contexte culturel, méthode, carences affectives…).

 

 

 

C.      Notre Thème : « Jouer pour grandir ensemble »

 

Suite aux observations relatées par les membres de PSF ayant été sur place précédemment, nous nous sommes rendus compte de la précarité dans laquelle vivent les enfants talibés.

 

Cette dernière ne leur permet pas d’établir un socle de sécurité et renforce les carences affectives. Il nous paraît donc primordial de les aider à investir leurs corps et la relation. Notamment grâce aux jeux et au travers des expériences psychocorporelles et groupales que nous pourrons leur proposer. En effet, les jeux en groupe leur permettront de créer un esprit d’équipe et de construire une enveloppe psychocorporelle sécure (notamment pour les plus jeunes chez qui cette fonction d’enveloppe est nécessaire pour se construire). Cela donnera l’occasion aux enfants de renforcer les liens affectifs entre eux et de s’entraider face aux difficultés que peuvent présenter certains enfants sur le plan psychomoteur.  

 

 

 

D.   Les moyens et médiations utilisées

 

Notre action sur place : 2 équipes, 9 semaines, 1 projet

 

 

 

1.Temps d'observation et d'évaluation

 

Afin de mener à bien notre projet, un temps initial sera tout d’abord réservé à l’observation du fonctionnement du dispensaire. Cela nous permettra d’appréhender son organisation en termes de rythme et de temps spécifiques ainsi que les différents rôles de chacun en son sein. Durant cette période, nous nous familiariserons avec les règles, le cadre et les divers espaces du dispensaire de Pour Une Enfance Sénégal. Nous orienterons ensuite notre observation plus largement, aux enfants talibés accueillis au centre. Nous étayerons notre regard à partir de plusieurs axes d’observation que nous aurons pris le soin de définir ensemble en amont. Sur ce point, nous serons très attentifs aux relations des enfants entre eux, aux relations entre petits et grands, ainsi qu’aux relations de groupes, aux liens affectifs et aux rivalités possibles. Nos diverses observations sur ce temps initial, nous permettrons ainsi de mettre éventuellement en lumière carences affectives, retard des apprentissages instrumentaux et retard psychomoteur globaux.

 

En tant que deuxième équipe dédiée au projet, nous utiliserons également ce temps pour analyser les actions menées l’année passée. Nous dresserons un rapide bilan des propositions retenues et avortées. Décalage culturel, réalité du terrain ou manque de clarté ? Tant de questions auxquelles nous tâcherons de répondre dans l’échange avec les professionnels. Cette période d’observation et ce temps d’analyse critique nous permettront de mieux appréhender le comportement des enfants talibés au sein du centre et envers les différents professionnels et bénévoles, mais aussi de mettre en lien les conseils des équipes de l’an dernier avec la réalité du terrain, et ainsi d’affiner nos propositions pour rester en adéquation avec les professionnels et leur bagage culturel.  

 

 

 

2.Temps d’organisation et d’échange avec l’équipe de Pour une Enfance Sénégal.  

 

Ce second temps correspondra à une mise en commun de nos observations sur le terrain. Nous pourrons ainsi établir nos actions en planifiant des ateliers avec différentes activités appropriées au besoin. Nous nous baserons sur une prise en charge en groupe avec des effectifs plus ou moins important en fonction du nombre d’enfants présents, et du cadre nécessaire aux dites activités. Dans la mesure du possible, nous chercherons à intégrer les autres bénévoles disponibles dans le centre dans la perspective de faire pérenniser les différents ateliers et support mis en place. De plus, le regard de ces bénévoles sur les enfants et leur vision du développement seront très enrichissant pour nous car ils apporteront des idées et des points de vue supplémentaires ce qui est un bénéfice direct pour les jeunes accueillis.

 

 

 

3.Prises en charges et échanges

 

En fonction des observations collectées sur place, chaque équipe pourra organiser son action pour s’adapter au mieux à la réalité de la structure. Les différents temps prévus ne seront pas forcément répartis de la même façon d’une équipe à l’autre, de telle sorte que dans la perspective de réalisation du projet la première équipe aura un temps d’observation plus important et la seconde, après la période de transmission et d’adaptation se concentrera essentiellement sur la mise en place. En effet, une cohérence entre les deux équipes sera établie lors de la semaine de transition pour rester dans une certaine continuité. Concernant chaque équipe, nous adapterons notre répartition en fonction des différents ateliers et activités et du cadre qu’ils nécessitent tout en prenant en compte l’espace disponible.

 

La modalité d’intervention la plus appropriée est la prise en charge en groupe avec des effectifs plus ou moins important en fonction du nombre d’enfants présents et du cadre nécessaire aux activités. Suite aux remarques des membres de l'association partis l'année dernière, il serait intéressant de répartir les enfants dans des groupes en fonction de leur âge et de leurs capacités. Nous avons pensé à faire des groupes sur le modèle petits, moyens, grands, notamment pour les activités psychomotrices axées sur la motricité fine. Cela permettra de proposer avec plus de facilité des ateliers adaptés au niveau d'apprentissage des enfants et d'harmoniser les activités proposées au sein du groupe. Le cadre mis en place devra s’adapter aux allers et venues des enfants dans la structure, à la variabilité de la présence des enfants d’un jour sur l’autre tout en leur garantissant une certaine continuité. Nous touchons là surement un des aspects les plus complexes et intéressants de cette mission qui nous mettra à l’épreuve en tant que futurs professionnels, face à une réalité institutionnelle difficile. Sous cette configuration, nous espérons mettre en place les activités au côté de bénévoles du centre présents à l’année ou du moins sur des longs séjours, pour échanger sur nos pratiques et idées respectives d’influences variées comme nous l’avons expliqué précédemment. Ceux-ci pourront de cette manière avoir un regard direct sur notre action.

 

Un support manuscrit qui répertorie et explique simplement les différents jeux et médiations proposés avec des axes principaux concernant le cadre, le matériel et les objectifs psychomoteurs pour les enfants a été créé l’année dernière. Ce support constitue une base libre proposée aux bénévoles du dispensaire qui restent parfois peu et peuvent manquer d’expérience et donc se sentir démunis en terme d’organisation d’activités adaptées. Dans la perspective où nous souhaitons faire perdurer le partenariat entre Psychomotricité Sans Frontières et Pour Une Enfance Sénégal de nombreuses années, ce répertoire a la possibilité d’être enrichi d’une année sur l’autre par les bénévoles des différentes associations intervenant dans le centre.

 

 

 

4.Semaine de transition : observations, transmissions, ajustement

 

            Du 20 au 28 juillet les deux équipes seront présentes simultanément au dispensaire pour une semaine de transition. Il s’agira d’un temps d’échange, de transmission et d’adaptation qui permettra l’instauration d’une continuité.

 

Durant cette période, la première équipe se chargera d’informer la deuxième de ses observations, de ce qui a été mis en place au sein de la structure et de tout ce qu’elle jugera nécessaire. Afin de faciliter cet échange, elle rédigera dans un cahier les différentes prises en charges, réunions et observations effectuées. Ce cahier de transmission, disponible en ligne, devra être lu par la seconde équipe avant son arrivée.

 

Lors du premier voir du deuxième jour, la deuxième équipe observera la première et les rôles seront rapidement inversés pour que le relais se fasse rapidement et au mieux, sous le regard et les conseils de la première équipe.

 

Cette semaine sera également l’occasion de revoir avec précision les objectifs prédéfinis et de les réajuster si besoin est.

 

 

 

5.Bilan avec le dispensaire

 

Notre projet s’étaye avant tout autour d’un partage avec l’équipe du dispensaire et les bénévoles, par conséquent nous aimerions proposer un temps dédié au dialogue avec les membres de l’association présents selon des modalités que nous choisirons ensemble. Cela nous permettrait de mieux cerner les besoins, les attentes et adapter au mieux notre action. Cet échange est en lien avec notre objectif de proposer des activités adaptées aux besoins psychomoteurs et psychoaffectifs des enfants talibés, pouvant faire suite au projet précédent, être suivis toute l’année et d’une année sur l’autre. Le bilan de notre projet global sera établi par les deux équipes participant au projet quelques semaines après le retour de la deuxième équipe. Il se présentera sous la forme d’un compte rendu et d’une journée sur le campus de Jussieu pendant laquelle nous proposerons une description de l’association et de la psychomotricité aux étudiants

 

 

 

E.       Le matériel

 

Propositions de matériel :

 

Psychomotricité globale

 

-       Cordes

 

-       Draps/grand tissus

 

-       Physioball

 

-       Balles à picots

 

-       Tunnel de motricité

 

-       Instruments de musique

 

Graphisme

 

-       Crayons de papiers

 

-       Papier

 

-       Peintures

 

-       Craies

 

-       Stylos

 

-       Crayons ergonomiques

 

-       Tailles crayons

 

-       Rames de papiers

 

-       Cahiers lignés

 

-       Grandes feuilles

 

-       Pinceaux

 

Activités ludiques

 

-       Ballons de foot

 

-       Raquettes

 

-       Cage de but pliante

 

-       Jeux d’adresse

 

Nous achèterons autant que possible notre matériel sur place, afin de participer à l’économie locale.

 

 

 

III. LOGISTIQUE

 

A.      Équipes et calendrier

 

Nous partons à deux équipes de respectivement 5 et 4 bénévoles. L’équipe OCAMAMALO composée de Maéva Esquembre, Marion Milan, Lola Moulin, Camille Conte et Ophélie Ducreux partira du 22 juin au 28 juillet. L’équipe EM’TICALO composée de Lucas Fumex, Emeline Millet, Justine Raffegeau et Laura Breleur arrivera le 20 juillet et repartira le 25 août. Les deux équipes effectueront donc une transition du 20 au 28 juillet. La durée de cette période commune a été décidée sous les conseils des équipes parties sur place l’année dernière pour que l’on puisse avoir le temps d’organiser un relai serein.

 

B.      Budget

 

Pour réaliser notre budget, nous nous sommes basés sur celui des années précédentes mais également sur les besoins et ressources actuelles de l’association. Le budget prévisionnel se trouve en pièce jointe.

 

 

 PSF vous remercie de l'intérêt que vous accordez à ce projet qui nous tient à coeur.