Projet Burkina Faso

Cela fait déjà cinq ans que l'association de solidarité étudiante Psychomotricité Sans Frontières a établi un partenariat avec le centre ABAPE (Association Burkinabé d'Aide Psychologique à l'Enfance) situé à Ouagadougou au Burkina Faso.

Ce centre accueille des enfants présentant des troubles du spectre autistique et des déficiences mentales.

http://www.jamming.fr/abape/

Note:

C’est avec regret que nous annonçons l’annulation de la mission locale à Ouagadougou (Burkina Faso) en collaboration avec ABAPE (Association Burkinabè d'Accompagnement Psychologique et d'Aide à l'Enfance).
Aux vues des événements du 2 Mars 2018, qui ne sont malheureusement que la suite d’événements similaires, et des recommandations du ministère des affaires étrangères ( voir lien https://www.diplomatie.gouv.fr/fr/conseils-aux-voyageurs/conseils-par-pays/burkina-faso/#securite), la décision d'annuler les missions au Burkina a été réfléchie et appliquée. PSF ne sera donc pas présente à ABAPE dans la période de juillet et août 2018, comme prévu initialement.
Malgré tout, il nous tient à cœur de garder le lien avec la structure et nous leur enverrons du matériel utile à la poursuite de leurs objectifs de soins.
 
Vous trouverez cependant, ci-dessous, le projet prévu initialement:

Projet Djibamé 2018

 

INTRODUCTION


Après la réussite du projet entrepris par nos prédécesseurs, et les retours positifs de Boukari Pamtaba, le directeur de l’Association Burkinabée d’Aide Psychologique à l’Enfance (ABAPE), nous sommes heureuses de renouveler cet échange professionnel et culturel autour de la psychomotricité. Pour ce faire, nous avons choisis de mettre en place de nouveaux axes de travail.
Notre projet est avant tout une aspiration à la solidarité internationale, il est centré sur le partage avec les équipes locales. Pour la cinquième année des étudiantes en psychomotricité de l’Université Pierre et Marie Curie partiront dans le « centre de suivi et de prise en charge des enfants et adolescents en situation de handicap mental » de l’association ABAPE, à Ouagadougou. Deux équipes de trois personnes s’y relayeront de début 10 juillet au 8 septembre. Suite aux échanges avec Boukari, nous avons décidé de nommer notre projet “Gilli Yῖnga Sitga”. Cela signifie “Union du corps et de l’esprit”, ce qui correspond aux fondements de la psychomotricité. Nous venons construire et renforcer notre alliance avec le centre avec qui nous espérons pouvoir établir une relation sur la base de l'échange. Notre projet s’organise autour de différents axes. Nous envisageons de mettre en place des prises en charge psychomotrices, d’accompagner les enfants dans leurs activités quotidiennes et ce, toujours en présence d’un professionnel du centre. De cette manière, nous pourrons partager nos connaissances sur le développement psychomoteur et relationnel de l’enfant, sur les pathologies et les comportements qu’elles induisent. L'un de nos objectif est de permettre un véritable échange culturel et professionnel entre les bénévoles de l'association et les professionnels de l'ABAPE.

I. Psychomotricité Sans Frontières

 

A. La psychomotricité


La psychomotricité est un concept qui s’est développé dans le courant du XXème siècle et qui, en France, donna naissance à une profession paramédicale reconnue par l’état depuis 1974. Elle se caractérise par une mise en lien constante du corps et de la psyché, dans une approche globale de l’individu pour favoriser une adaptation harmonieuse avec l’environnement. Bien qu'elle soit en plein essor, cette profession est encore mal connue du grand public. La rééducation et la thérapie psychomotrice s’étayent sur diverses théories, issues de multiples disciplines (psychologie, psychanalyse, biologie, neurologie, anatomie). Le psychomotricien se propose de stimuler et développer les capacités sensorielles, affectives, cognitives, expressives et motrices du sujet pour qu’il accède à une bonne unité corporelle. Pour cela, il utilise des médiations telles que la relaxation, l’eau, l'expressivité du corps, la danse, le jeu, les stimulations sensorimotrices, l’art thérapie etc. Elle s’adresse à tous types de populations : du nourrisson à la personne âgée, qu'ils présentent ou non des antécédents pathologiques.

B. Notre association


Psychomotricité Sans Frontières (PSF) est une association loi 1901. Elle a été créée le 2 juin 2005 par deux étudiantes de l’Institut de Formation en Psychomotricité de la Pitié Salpêtrière (Université Paris 6, Pierre et Marie Curie).

L’association comprend actuellement une trentaine de membres. L’adhésion se fait sur deux ans, ce qui permet un relais intergénérationnel et une pérennisation des valeurs de l’association. Nous avons choisi de partir en fin de deuxième année afin d’avoir un bagage théorique suffisant. Nous avons plusieurs objectifs:


• Échanger sur les pratiques psychomotrices entre les bénévoles de l'association PSF et les professionnels sur place, en faisant connaître la profession.

• Favoriser l'éveil et stimuler les individus accueillis dans les structures où nous réalisons nos missions.

• Proposer des activités psychomotrices à ceux présentant d'éventuels troubles psychomoteurs. - Apporter du matériel répondant aux besoins des enfants (matériel de psychomotricité, de puériculture...)

• Enrichir les expériences personnelles et professionnelles des bénévoles par la rencontre de diverses cultures et pratiques professionnelles


L’association entreprend deux projets de solidarité internationale :

• Au sein d’un centre d’accueil pour talibés appelé “Pour une enfance Sénégal” situé à Mbour. La structure accueille des enfants et adolescents talibés de 3 à 18 ans présentant des carences affectives.Ces enfants ayant très peu l’occasion de jouer, cela peut avoir des répercussions sur leur développement psychomoteur.

• En partenariat avec l’association ABAPE (Association Burkinabé d’Accompagnement Psychologique et d’aide à l’Enfance) située à Ouagadougou. Le centre prend en charge des enfants présentant des troubles autistique et des déficiences mentales..


L’échange de savoir, le partage culturel ainsi que l’ouverture relationnelle sont des notions fondamentales dans notre démarche.

II.Notre destination 

A. Le Burkina Faso

Nom officiel : République démocratique populaire du Burkina Faso (Anciennement Haute- Volta) créée en 1984.

Population : 19 512 533 (en juillet 2016) 

Superficie : 274 200 km2

Capitale : Ouagadougou

Langue officielle : Français

Langues nationales : le Mooré (notamment à Ouagadougou), le Fulfuldé, le Dagara, le Gourmancéma etc.

Indépendance : 5 août 1960 

Monnaie : Franc CFA 

Régime : République parlementaire à suffrage universel

Chef de l’état : Roch Marc Christian Kaboré (président de la République depuis le 29 décembre 2015)

Religions : Musulmane (60,53 %), catholique (19 %), animiste (15,34 %), protestante (4,17 %)

“Burkina Faso” signifie “pays des hommes intègres”. Le pays est couramment appelé Burkina ou simplement le Faso. La devise est “Unité-Progrès-Justice”. Le Burkina Faso est un pays en voie de développement. Il est membre de l’Union économique et monétaire ouestafricaine et de l’Autorité de Liptako-Gourma, qui est chargée de prévenir les crises alimentaires et les sécheresses par la coopération de chaque pays membre. Cependant, un tiers de la population du pays vit en dessous du seuil de pauvreté. Il est le premier producteur africain de coton malgré l’aridité des sols et l’absence de mise en valeur durant la période coloniale. L’agriculture représente 32% de l’économie. Il convient par ailleurs de citer quelques productions minières : cuivre, fer, zinc et surtout or. 

Le droit à la santé est reconnu par la Constitution du Burkina du 02 juin 1991. Son article 18 admet que la santé, la protection de la maternité et de l’enfance, l’assistance aux personnes âgées, handicapées et aux cas sociaux, constituent des droits sociaux reconnus par cette constitution qui vise à les promouvoir. Le Burkina Faso a notamment fait siens, les valeurs et les principes suivants :

• La santé est un droit fondamental de l’être humain

• La santé est au cœur du développement

• Équité, éthique, justice sociale et solidarité doivent guider les choix en matière de santé

• Les femmes et les hommes ont des besoins de santé spécifiques

• Tout être humain a le devoir de participer individuellement et collectivement à la mise en œuvre des soins de santé qui lui sont destinés

• Le maintien, la promotion et la restauration de la santé impliquent une collaboration multisectorielle et pluridisciplinaire

• Les soins de santé doivent être de bonne qualité.

Actuellement, une nouvelle constitution est en cours de réflexion.

 

B. Présentation du système de soins


Sur le plan opérationnel, les structures publiques de soins sont organisées en trois niveaux :

  •  Les Districts sanitaires sont chargés de la planification opérationnelle et de la mise en œuvre des programmes de santé. Ils coordonnent les activités des Centres de santé et de promotion sociale et des Centres médicaux avec antenne chirurgicale de leur ressort. Il y a 63 districts sanitaires répartis sur tout le territoire national, qui ont eux-mêmes deux échelons de soins :

 

  •  Les Centres de Santé et de Promotion Sociale ou CSPS comprennent : un dispensaire, une maternité, un dépôt pharmaceutique et deux logements pour les personnels. (1606 en 2014).
  • Les Centres Médicaux avec Antenne chirurgicale ou CMA (45 en 2014) qui jouent le rôle d’hôpitaux de district

 

  • Les Centres Hospitaliers Régionaux ou CHR (9 en 2014)
  •  Les hôpitaux universitaires ou CHU (4 en 2014) Par ailleurs, le Service de Santé des Forces Armées Nationales, l’Office de Santé des Travailleurs, la Caisse Nationale de Sécurité Sociale et les services de santé scolaires et universitaires contribuent à l’offre de soins à différents niveaux. Il existe également des structures privées à but lucratif (on en compte 272 toutes catégories confondues) ou non lucratif (souvent gérées par des ordres religieux, des ONG ou associations). Enfin, la médecine et la pharmacopée traditionnelles, reconnues depuis 1994 dans le code de la santé publique, jouent un rôle important dans la prise en charge des maladies. Le pays a adopté sa politique nationale sanitaire en 2000. Un plan national de développement sanitaire (PNDS) a été élaboré pour la période 2001-2010 et renouvelé pour 2011- 2020. 

Les axes stratégiques retenus sont :

  •  Le développement du leadership et de la gouvernance dans le secteur de la santé ;
  •  L’amélioration des prestations de services de santé ;
  •  Le développement des ressources humaines pour la santé ;
  •  La promotion de la santé et lutte contre la maladie ;
  •  Le développement des infrastructures, des équipements et des produits de santé
  • L’amélioration de la gestion du système d’information sanitaire ;
  •  La promotion de la recherche pour la santé ;
  •  L’accroissement du financement de la santé et l’amélioration de l’accessibilité financière des populations aux services de santé.

 

C. Ouagadougou


Ouagadougou, appelée familièrement Ouaga, est la capitale du Burkina Faso et la plus grande ville du pays, avec une population de 2,6 millions d’habitants en 2016. C’est une ville recensant une forte diversité ethnique, qui est devenue la capitale de l’artisanat africain. La ville a été fondée au XIe siècle par les Nyonyonsé. Situé dans la province du Kadiogo, c'est le centre culturel, économique et administratif du pays. La ville a peu d'industries, celles-ci sont développées principalement dans les domaines agroalimentaires et textiles. Pour les transports, un aéroport international est présent. La ville est également le terminus d'une voie ferrée en provenance d'Abidjan (Côte d'Ivoire) et de grands axes la relient notamment à Lomé (Togo), Bamako (Mali), Niamey (Niger), Accra (Ghana). La ville dispose également d'une ligne de bus, cependant les habitants de Ouagadougou circulent beaucoup en deux roues. L’université de Ouagadougou, premier établissement d’enseignement supérieur du pays, a été fondée en 1974. Récemment, de nombreux autres établissements d'enseignement supérieur sont apparus : l'université polytechnique de Bobo, l'université de Koudougou, l'institut des Sciences informatiques et de gestion (ISIG) de Ouagadougou. Au niveau du cadre de santé, la ville dispose d'infrastructures publiques (comme le centre hospitalier national Yalgado Ouédraogo) et de beaucoup d'infrastructures privées.

III. Notre projet 

A. Le centre ABAPE


Tout a commencé quand Boukari Pamtaba, jeune psychologue, préoccupé par les difficultés d’insertion des enfants autistes dans la société Burkinabée, a mis en place des visites à domicile pour venir en aide aux familles. Pour cela il a fondé, en 2010, l’association ABAPE (Association Burkinabée d’Accompagnement Psychologique et d’aide à l’Enfance). Face à la demande et dans la continuité de son projet, il créa, en août 2011, un centre de pris en charge psychoéducatif des enfants et adolescents en situation de handicap mental. L’objectif de Boukari est de prendre en charge ces enfants en les amenant vers l’autonomie, pour faciliter leur intégration au regard de la société et, palier à l’insuffisance de ce type de structure. Le centre se situe dans l’arrondissement de Bogodogo.Il comprend un service de prises en charge psychologiques, un service éducatif et socio-éducatif, un service pédagogique ainsi qu’un service orthophonique. Sur place il y a : six psychologues, huit monitrices et cinquante enfants. A long terme, Mr Pamtaba aimerait intégrer une école dans ce centre. Ayant été satisfait de notre collaboration les années précédentes, il nous a fait part de sa volonté de continuer et c’est avec ferveur que nous nous engageons dans ce projet. De plus, depuis début 2015, le centre devient la référence de prise en charge du handicap par le ministère Malheureusement, compte tenu de l’attentat du 15 janvier 2016 à Ouagadougou, aucune équipe n’a pu partir l’an dernier. Nous sommes tout de même restés en contact avec le centre et nous avons envoyé des dons matériels et financiers. Nous sommes très heureux de renouveler notre partenariat cette année.

 

B. Les pathologies


1. La déficience intellectuelle:


La déficience intellectuelle correspond à la restriction des capacités cognitives d'un individu par rapport à une moyenne, le Quotient Intellectuel (la norme étant un QI entre 85 et 110). Elle induit des difficultés d'adaptation plus ou moins importantes dans certains domaines de la vie. En effet, les gestes quotidiens peuvent être perturbés, l'autonomie limitée, la communication et les capacités sociales lacunaires et, enfin, l'intégration scolaire et/ou professionnelle peut devenir difficile voire impossible. En France, 2 000 000 de personnes souffrent de déficience intellectuelle. D’après le dernier recensement (2006), il y a 168 094 personnes en situation de handicap au Burkina Faso, et 14,9% d’entre eux présentent une déficience intellectuelle. Il faut savoir que la maladie mentale au Burkina Faso est encore difficilement perçue comme une pathologie et très peu traitée, les connaissances à ce sujet restent assez restreintes. 

De manière générale, les déficiences intellectuelles sont pour la plupart légères (QI < 70), permettant une relative autonomie de l’individu. D’autres, dites modérées (QI < 55) correspondent à un niveau scolaire de cours préparatoire et ne permettent une insertion professionnelle que dans une structure adaptée. Enfin, la déficience sévère ou profonde (QI< 40) entrave de manière importante l’indépendance des individus. L'origine d'une déficience intellectuelle demeure très variable. Elle peut advenir à la suite d'une altération génétique (Trisomie 21, syndrome de Klinefelter, de Turner, d'Angelman....). Elle peut être provoquée par une affection acquise pendant la vie intra ou extra utérine du petit (AVC, infection, traumatisme crânien...). Enfin, un manque de stimulation et/ou des carences affectives pendant la petite enfance, peuvent être aussi à l'origine de la pathologie.

• Quel est le rapport entre la psychomotricité et la déficience intellectuelle?
La psychomotricité s’intéresse au corps de l’être humain, à ses attitudes et ses gestes dans ses dimensions affectives, psychologiques et relationnelles. La plupart des déficiences sont associées à des affections corporelles, (comme les troubles sensoriels, orthopédiques, neurologiques, malformations, etc.) qui limitent les expériences motrices de l'enfant, fondamentales à son développement psychomoteur. Ainsi, la connaissance et l’appropriation du schéma corporel deviennent abstraites. Les gestes demeurent maladroits et inadaptés dans le temps et l'espace. Ces troubles altèrent d’autres domaines comme le tonus, les attitudes corporelles et les postures. L'ensemble de cette sémiologie, couplé au trouble cognitif, engendre des troubles psychiques, affectifs et relationnels plus ou moins important. En conséquence, c'est l'autonomie, l'intégration des expériences sensorielles, le graphisme, la symbolisation et l’imagination qui s'en trouvent altérés.

2. L’autisme:


On parle d’autisme, actuellement nommé trouble du spectre autistique, pour des personnes présentant une altération des fonctions cognitives qui touche les capacités de communication et de socialisation. Communément, on décrit l'enfant autiste comme « dans sa bulle». Il semble indifférent au monde extérieur, replié sur luimême, fuyant le regard. Ses activités demeurent restreintes et répétitives, il paraît s'y réfugier pour s’isoler. Les gestes de l’enfant peuvent sembler anormaux, on les appelle les stéréotypies (secouement des membres, frottement, balancement etc...). Enfin, le système sensoriel de l'enfant est complètement bouleversé, il souffre d'hyposensibilité et/ou d'hypersensibilité induisant des troubles du comportement. A titre d'exemple le bruit d'un aspirateur peut être ressenti comme le son du décollage d'un avion, une caresse comme une brûlure intense. Son étiologie et sa prise en charge demeurent sans cesse remises en question, oscillant entre les théories psychanalytiques et comportementales. Chaque personne atteinte d’autisme présente ses propres particularités. Il est donc difficile de le définir et  l'accompagnement des patients se fait au cas par cas. Nous pouvons imaginer qu'au Burkina Faso, la définition, l’étiologie et le suivi des enfants autistes soient aussi différents. Leur vision ne peut que nous enrichir pour notre future pratique. Pour faciliter la compréhension de cette maladie, nous retiendrons les critères fondamentaux et officiels dans le diagnostic de l'autisme en occident (trépied autistique) : 

  •  Les troubles de la communication : ils s’illustrent par un retard de langage verbal et infra verbal rudimentaire voire absent et par l'absence de jeux d'enfants traditionnels.
  •  Les troubles des interactions sociales : ils touchent la compréhension et l'expression des émotions, les relations avec les pairs et les difficultés à réguler les interactions.
  •  Les troubles du comportement et stéréotypies, exprimés par des activités restreintes et répétitives. 

Les symptômes se sont installés avant l'âge de 3 ans. On ne guérit pas de l’autisme, c'est un état psychique permanent. Mais il est possible d'atténuer les symptômes de certains enfants. Une insertion sociale est même envisageable si le suivi se fait le plus tôt possible. La thérapie psychomotrice constitue un des moyen utilisés dans l'accompagnement de ces enfants.

• Quel est le lien entre la psychomotricité et l’autisme ?
Chez les sujets atteints d’autisme, la motricité relationnelle et la communication infra verbale sont inadaptées à l’environnement. Ils s'auto-stimulent et certains peuvent même s'automutiler pour comprendre les limites d'un corps qu'ils semblent ne pas maîtriser. Dans certains cas le mouvement peut même devenir un moyen pour s’échapper encore plus d’une réalité trop angoissante. Les stéréotypies et activités restreintes inhibent leur attention. Les mouvements demeurent anormaux et ne permettent pas de comprendre leur environnements et leur corps. De plus, les repères temporo-spatiaux sont différents ou absents. Les changements de la vie quotidienne peuvent être difficilement vécus. Il faut alors être vigilants aux nouvelles activités mises en place. C'est par tous ces points que la psychomotricité prend son sens. La verbalisation, les stimulations sensorielles adaptées, et la contenance peuvent permettre, à travers le plaisir, de s’ouvrir à la relation et de moins appréhender le monde extérieur.
Malgré la présence d’un diagnostic, nous nous baserons sur nos observations. En effet, chaque patient est différent et l’important est de s’adapter au sujet et non à sa pathologie. Il faut prendre le sujet dans son intégralité.

C. Nos objectifs et les moyens mis en œuvre


1 ) Nos axes de travail en psychomotricité

D’après les retours des membres partis lors des années précédentes et de notre réflexion collective, nous avons établi trois axes principaux de travail.

- La prise en charge groupale :
Nous avons choisi une prise en charge en groupe pour des raisons pratiques et thérapeutiques. Etant donnée la durée de notre séjour, une prise en charge individuelle n’était pas pertinente car le suivi n’aurait pas pu être assuré après notre départ. Effectivement, il nous semble judicieux que les professionnels de la structure puissent faire perdurer nos ateliers. Pour cela, il est nécessaire qu’ils y participent et y trouvent un sens, ce qui n’est pas possible en séance individuelle.
Les intérêts de ce type de prise en charge sont multiples :
• Développement de la sociabilité : Le groupe est le support des interactions et des échanges avec leurs pairs autour d’une activité commune. Il permet alors une ouverture à la relation et au monde extérieur.
• Support d’une dynamique : Le groupe offre la possibilité aux sujets de se stimuler mutuellement (par imitation notamment) ce qui accroît la richesse des apprentissages. Il est d’autant plus intéressant pour des personnes inhibées qui pourront être portées par les autres membres.
• Fonction contenante et sécurisante: La stabilité du cadre qu’offre le groupe apporte des repères qui sécurisent l’enfant. Cependant, de légères variations dans la structure groupale peuvent advenir. Elles offrent à l’enfant de nouvelles opportunités et mettent en jeu ses capacités d’adaptation. Les visages familiers de ses pairs et du personnel vont toutefois rassurer l’enfant et d’accepter plus facilement les activités proposées. De plus, la séparation avec notre équipe sera moins difficile puisque nous ne seront pas les seuls encadrants. La prise en charge individuelle crée des relations duelles qui rendent la séparation plus difficile. Le groupe est aussi sécurisant car il permet à l’enfant de ne pas se sentir constamment sous le regard de l’encadrant. Cette liberté n’est pas possible dans une prise en charge individuelle.

• Ce type de dispositif nous permet également de voir un plus grand nombre d’enfants. La composition de nos équipes et la durée de notre séjour ne nous permet pas d’établir un accompagnement individuel pour tous les enfants du centre.

• L’insertion de l’individu dans un groupe est importante dans la culture Burkinabée notamment pour pouvoir trouver sa place dans la société.

- Le Jeu :
• Ce type de médiation de par son côté ludique amène du plaisir qui fait naître une envie de participer aux activités.
• A travers le jeu les enfants peuvent faire de nombreuses expériences psychomotrices: sensorielles, toniques, émotionnelles, motrices, symboliques, sociales... Par exemple, l’imitation des animaux permet de travailler différents modes de déplacements (faire le chat permet de se déplacer à quattres pattes) et peut faciliter l’entrée en interaction avec les autres.
• L’imaginaire est nécessairement sollicité dans le jeu et cela participe favorablement au développement psychique de l’enfant. Ce qui permet à l’enfant de s'élaborer son propre monde pour mieux appréhender celui dans lequel il vit.
• A travers le jeu symbolique, l’enfant peut reprendre des activités de la vie quotidienne, ce qui lui permet de se projeter, de s’identifier à son entourage et d’accéder à une certaine autonomie. Il peut aussi rejouer des scènes marquantes de son vécu et ainsi les extérioriser pour éventuellement s’en décharger. De plus en tant qu’observateur cela nous permet de mieux saisir les problématiques de l’enfant et d’adapter nos axes de travail.
• Cette médiation est peu ancrée dans la culture burkinabée. Ainsi, nous avons pour objectif d’instaurer le jeu au sein de la structure en faisant participer les professionnels à nos ateliers. De notre point de vue, il est essentiel qu’ils s’y engagent corporellement afin d’accompagner les enfants dans leurs expériences psychomotrices.


- La graphomotricite :
La psychomotricité peut s'intéresser plus spécifiquement à l’acte d’écriture, c’est ce que l’on appelle la graphomotricité. L’écriture met en jeu plusieurs notions psychomotrices telles que la motricité fine et globale: elle engage tout le corps, non seulement la main. C’est aussi un moyen de communication qui permet de s’élaborer psychiquement. Il est donc important de faire ce travail avec les enfants du centre pour favoriser les insertions scolaires, professionnelles et sociales.

L’ecriture est consideree comme une praxie qui est elle même liee au developpement psychomoteur et moteur de l’enfant. Son apprentissage débute vers 6 ans à l’entrée de l’enfant au CP, cette période est appelée “ phase pré-calligraphique”. Vers 7-10 ans, l’enfant commence à maîtriser le geste… Au delà de 10 ans c’est la phase post-calligraphique, l’enfant commence à acquérir une écriture personnalisée.
La graphomotricité s'intéresse à toutes les périodes du développement du graphisme de l’enfant même les plus précoces, qui précèdent l’écriture. Il faut respecter les étapes du développement de l’enfant et celles des grandes fonctions psychomotrices (axe corporel, latéralité, élaboration du schéma corporel, posture, structuration spatial et temporel… ) Il est important de voir où en est l’enfant sur ses acquisitions graphiques afin de proposer un travail sur l’élan du geste et le mouvement approprié. Effectivement, il arrive souvent que les enfants soient poussés à écrire alors que cela ne respecte par leur rythme propre.
L’investissement du corps est compliqué pour les personnes souffrant d’inhibition, de manque de confiance en soi et d’un Trouble Déficitaires de l’Attention avec ou sans Hyperactivité (TDA/H). Il est important pour ces enfants de se réapproprier leur corps (surinvesti ou désinvesti ) pour faciliter l’accès à l’écriture. Il est également important pour ces enfants de travailler sur les régulations tonico-émotionnels. Une tonicité trop élevée vient affecter la posture de l’enfant et limite sa mobilité entraînant un geste peu efficient (douloureux et coûteux en énergie).


2) Développer la communication


La première équipe pourra remplir un cahier de transmission pour informer la seconde équipe de ce qui a été mis en place. La seconde équipe, pourra continuer de le mettre à jour, pour que pour les bénévoles des années suivantes puissent avoir un aperçu du projet. Nos équipes pourront aussi étoffer les dossiers individuels des enfants. Nous aimerions également développer la communication avec les parents des enfants :
- en organisant entre autre régulièrement des réunions avec les parents - en définissant le rôle des parents délégués - en proposant des journées « rencontre » avec tous les parents et les enfants du centre
Il serait également appréciable d’améliorer la communication interne entre les professionnels en :
- mettant en place des réunions entre les professionnels
- créant des comptes rendus à chaque fin de séance pour garder une trace écrite - filmant les séances pour appréhender les progrès des enfants.
Pour nous, l'équipement pédagogique doit se limiter au strict nécessaire. Le but est d'utiliser des médiations propres au Burkina Faso. Nous voudrions proposer aux professionnels de les initier aux méthodes de relaxation de nous avons apprises au cours de nos deux années d’étude en Psychomotricité, ainsi que former davantage aux Niveaux d’Évolution Motrice (NEM).

3) Le matériel

Lors du projet, l’un de nos objectifs est d’apporter du matériel adapté aux besoins du centre ABAPE et au développement des enfants. Nous avons donc contacté Boukari Pamtaba afin qu’il nous communique précisément ce qu’il manque au centre, tant au niveau mobilier que pédagogique. Les anciennes adhérentes de PSF, parties il y a deux ans, nous ont également communiquer leurs impressions sur les besoins du centre. Nous avons prévu d’apporter une partie du matériel de France et d’en acheter sur place (le mobilier par exemple) afin de favoriser l’économie locale et de s’adapter aux besoins sur place. Nous amènerons du matériel pédagogique que les enfants pourront utiliser en séance avec nous, les psychologues et les éducateurs.

Ce matériel nous permettra de travailler sur certains aspects de la psychomotricité :
- l’éveil sensoriel : tubes à bulles, traces de pas, différents tissus, balles à picots, instruments de musiques, ballons de baudruche, etc.

- instruments de relaxation dont des couvertures lestés.

- la motricité globale : balles, cerceaux, etc.

- la motricité fine et graphisme : perles, feutres, crayons, cahiers, ardoise, peintures, farine, sable, pinceaux ,craies-stylos , encre, papier etc.

La première équipe pourra communiquer ce qu’il manque aux équipes suivantes pour compléter le panel de matériel.

D. D’un point de vue logistique

1) Le calendrier des équipes

• 1ère équipe : Clémence PEFAU , Blandine ROUCHE et Juliette PROTON sera sur place du 6 Juillet au 8 Août.

• 2ème équipe : Cloé KOUADIO, Célia PIPAUD et Juliette ZAPATA du 1 Août au 31 août.

Les deux équipes se chevauchent du 1er au 8 août pour permettre un temps d’adaptation et un relais efficace pour la continuité du projet.


2) Le budget


Afin de financer notre projet, les membres ont pendant l'année lancé diverses action, tels que des ventes de gâteaux, des soirées et l'emballage des cadeaux durant la période de Noël et fête des mères au magasin Nature et Découvertes des Quatre-Temps à la Défense. Nous faisons également appel à plusieurs organismes de subventions afin de nous soutenir. De plus, certains particuliers nous font des dons (nous ouvrons notamment une cagnotte en ligne). Enfin, chaque membre est appelé à participer de la même manière aux frais du voyage.

Le bubget prévisionnel est basé sur les retours des années précédentes.

 

 PSF vous remercie pour l’intérêt et le temps que vous avez bien voulu accorder à ce projet qui nous tient à cœur.